Terre d'immigration depuis des siècles, la France est une société multiculturelle. Ce métissage, ce brassage des cultures sont des ferments fertiles, mais quand la Nation reconnaît et intègre ces apports.
A l'inverse, le racisme et les discriminations se nourrissent de la méconnaissance de l'autre.
Depuis longtemps, la Ligue de l’enseignement a pris part à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Combat qu’elle a naturellement élargi à toutes les discriminations.
Mais comme tout combat, celui-ci est loin d’être gagné. Notre société multiculturelle si elle nous donne des instruments « législatifs » contre les discriminations, n’en suppose pas moins que nous fassions aussi un effort supplémentaire : rencontrer l'autre et le connaître dans sa différence. Consacrer un “devoir d’histoire” et un “droit à la mémoire”, selon l’expression de l’historien Pierre Nora, faire une place aux mémoires collectives dans l’histoire nationale pour permettre qu'un lien se crée entre des futurs citoyens au passé et à la mémoire différents. C'est l'exigence ultime et nécessaire de la diversité dans la République.
Le succès historique de la laïcité a résidé dans le fait qu'elle a donné la priorité à la protection des individus par l'Etat contre toute pression de groupes religieux. Paradoxalement, son futur repose sur sa capacité à s'adapter à la diversité culturelle et religieuse, à la respecter et à ne pas la considérer comme un fardeau mais comme un défi et une opportunité.
Le collectif des « Semaines d'éducation contre le racisme » existe depuis 1984. Il est composé de 24 organisations (associations, syndicats, mouvements d'éducation populaire), et se mobilise tous les ans pour mettre en place de multiples événements locaux au service de la lutte contre le racisme et toutes les discriminations. Le collectif mène ainsi tout au long de l'année, mais surtout pendant les semaines autour du 21 mars, une date hautement symbolique puisqu’elle commémore un épisode dramatique, à Sharpeville en Afrique du Sud en 1960. Ce jour là, lors d’une manifestation contre l’apartheid, 60 000 africains brûlèrent leur laissez-passer devant la police. Il y eut 69 morts et 200 personnes blessées, dont de très nombreux collégiens et lycées.
En 1966, l’ONU décidera de faire de cette date la journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale.
Depuis 1984, le collectif de pilotage de la SECR s’efforce de garder l’esprit de ces journées.
Il est important de souligner, dans le cadre de la Semaine d ’Education Contre le Racisme, ce combat antiraciste et pour l’égalité mené par des jeunes lors de ces évènements tragiques.
Le lien : http://www.semaineseducationcontreleracisme.org/